Qu’attendre cette semaine ? (18 novembre – 24 novembre 2019)

Points Marquants

> Minutes de la dernière réunion de la Fed (20 novembre) et de la dernière réunion de la BCE (21 novembre)
Le procès-verbal de la réunion de la Fed révélera les discussions sur la baisse du taux directeur, mais le point le plus utile sera l’engagement pris, au moins temporairement, sur l’arrêt de la tendance à la baisse du taux de référence. Dans les minutes de la réunion de la BCE, l’accent sera mis sur les discussions relatives aux désaccords importants entre les membres du conseil des gouverneurs après les décisions de septembre.

> Estimations avancées des enquêtes Markit pour novembre dans la zone euro, au Japon et aux États-Unis (22 nov.)
En octobre, le rebond du secteur manufacturier aux États-Unis était une surprise, reflétant principalement la hausse de l’indice des nouvelles commandes à l’exportation. La divergence avec la zone euro et le Japon était étonnante. L’enquête de novembre mettra en évidence la possibilité pour les États-Unis de maintenir une activité robuste alors qu’au Japon et en zone Euro elle restera faible.

> Climat des affaires en France pour le mois de novembre (21 nov.)
L’indice est au-dessus de sa moyenne historique depuis des mois. Ceci est cohérent avec le dynamisme de la croissance française plutôt robuste par rapport à la zone euro. Ceci est lié à la spécificité de la politique économique française qui nourrit la demande intérieure pour amortir un éventuel choc externe. Cette stratégie limite la possibilité d’un ralentissement.

> Compte courant de la zone euro pour septembre (19 nov.)
Le compte courant de la zone euro affiche un excédent important d’environ 3% du PIB. Cela signifie qu’il y a une épargne excédentaire dans la zone euro et que nous avons les moyens d’investir pour améliorer l’autonomie de notre processus de croissance. Parce que l’accumulation de surplus est simplement inutile.

Ventes de maisons existantes aux États-Unis pour octobre (21 novembre) et mises en chantier de logements (19 novembre)
L’indicateur de vente de maisons existantes est une mesure de l’effet de la richesse sur les dépenses de consommation. Son profil récent suggère un ralentissement des dépenses au cours du dernier trimestre de cette année avant un léger rebond au début de 2020.

> La productivité au Royaume-Uni au troisième trimestre (20 novembre)
Le fort ralentissement de la productivité au Royaume-Uni suggère une période prolongée de faible croissance, sauf si l’investissement rebondit fortement. Ce ne sera pas le cas quel que soit l’accord sur le Brexit celui ci continuera à générer une grande incertitude.

> L’indice de la Fed de Philadelphie sera publié le 21 novembre. La balance commerciale japonaise le 20 novembre, l’inflation japonaise d’octobre le 22 novembre et l’indice de confiance des consommateurs allemands le 21 novembre

PIB, Emploi et Productivité en zone Euro

L’emploi a progressé en zone euro au premier trimestre (+1.4% en taux annualisé). L’allure des créations d’emploi est solide. Cependant, depuis le début de l’année 2018 la productivité ne progresse plus. Le PIB ne progresse pas suffisamment vite au regard de la hausse de l’emploi. Le risque est qu’un choc externe provenant par exemple du commerce mondial pénalise l’activité avec, derrière, un ajustement rapide sur l’emploi. L’économie ne se crée pas de marges de manœuvres (pas de gains de productivité) reflétant ainsi une sensibilité aux chocs plus importante.

Le 2 pages Macro – Des taux d’intérêt bas pour longtemps

Le 2 pages Macro explique l’allure des taux d’intérêt bas pour longtemps. L’impulsion des banques centrales après la crise de 2008 a été rattrapée par une économie dont les caractéristiques ont changé et qui ne peut s’accommoder désormais que de taux bas conditionnant ainsi le comportement des banques centrales.

Le 2 pages Macro – Taux d’intérêt

La croissance est trop faible pour alimenter le pouvoir d’achat en France

Le pouvoir d’achat, la productivité et le PIB par tête doivent suivre une allure cohérente dans la durée. Chaque indicateur traduit, à sa façon, la capacité de l’économie, française en l’occurrence, à évoluer dans la durée.
J’ai repris ces 3 éléments depuis 2000 jusqu’à 2018 et la dernière donnée disponible pour chacun d’entre eux (données trimestrielles). J’ai mis chacun d’eux en base 100 en 2000. 
Sur le graphe on observe trois périodes.
La première période jusqu’à la crise de 2008 montre des indicateurs suivant des trajectoires parallèles et donc plutôt cohérentes. 
La deuxième période, de 2008 à 2012, montre des écarts considérables. Le PIB par tête et la productivité chutent en 2009 avant de rebondir modérément alors que dans le même temps le pouvoir d’achat se maintient à un niveau élevé, sans rupture, contrairement aux deux autres mesures. 
Cet écart prend fin avec la rigueur budgétaire et les hausses de fiscalité de 2012/2013. 
La troisième période démarre en 2014 avec des indicateurs qui ont retrouvé des trajectoires cohérentes et parallèles.
Deux remarques
1 – Les stabilisateurs automatiques ont joué favorablement, en 2009 notamment, en maintenant la capacité de demande des ménages. Cet effet, habituellement favorable dans la durée, n’a pas tenu ses promesses cette fois-ci car le rebond de la croissance a été insuffisant. On voit bien la rupture de 2011 sur le graphe en raison des politiques d’austérité. La reprise a été coupée dans son élan par les politiques budgétaires trop restrictives à l’échelle européenne.
2 – Depuis le rythme de la croissance est trop bas pour être satisfaisant. Les trois allures sont cohérentes mais ne satisfont personne en raison d’une progression trop réduite.
Dès lors, toute mesure visant à accroître le pouvoir d’achat se heurtera rapidement aux contraintes mêmes de l’économie française. 
Le vrai problème de la l’économie française reste donc la croissance qui est trop réduite.

L’emploi et la machine

As long ago as 1984, in his Paths to Paradise, André Gorz, a self-proclaimed “revolutionary-reformist” stated, baldly, that the “micro-economic revolution heralds the abolition of work”. He even argued that “waged work . . . may cease to be a central preoccupation by the end of the century”. His timing was wrong. But serious analysts think he was directionally right. So what might a world of intelligent machines mean for humanity? Will human beings become as economically irrelevant as horses? If so, what will happen to our individual self-worth and the organisation of our societies?

Lire l’article de Martin Wolf

www.ft.com/content/02d486ba-ecc1-11e7-8713-513b1d7ca85a

Six changements majeurs depuis la crise – Ma chronique du lundi

Au premier semestre 2008, l’économie des pays développés connaissait une croissance robuste en dépit des premiers craquements entendus depuis l’été précédent. C’était il y a dix ans. Depuis la dynamique de l’économie mondiale a changé en profondeur modifiant les sources d’impulsion et les modes d’ajustement notamment dans les pays développés.

On pourrait relever de nombreuses différences mais aujourd’hui j’en ai retenu 6 qui me paraissent pertinentes pour comprendre la nouvelle équation de l’économie globale.

1 – Le commerce mondial n’a plus la même allure
Le commerce mondial n’a plus du tout la même allure qu’avant la crise de 2008. Auparavant, il fluctuait assez largement autour d’une tendance estimée à 6.8% par an en volume. Cela créait au sein de chaque économie une source d’impulsion forte et était de ce fait un soutien à la croissance de l’activité. Il y avait une  dynamique vertueuse entre les échanges et l’activité.
Depuis 2011, il fluctue peu et sa tendance est désormais de 2.3%. La rupture de 2011 est à attribuer aux politiques d’austérité notamment celles mises en oeuvre en Europe. Lire la suite