La croissance de la zone Euro péniblement au-dessus de 1%

La croissance du PIB de la zone Euro est de 1.2% (taux annualisé) depuis le dernier trimestre de 2017.
Le chiffre de 0.2%(0.75% en taux annualisé) pour le troisième trimestre de 2019 ne change pas cette tendance.L’acquis est de 1.1% et la croissance sur l’année sera de l’ordre de 1.2% au mieux.
Après le rattrapage de 2017, l’économie de la zone Euro n’a plus la capacité d’accélérer. Que fait on du surplus budgétaire allemand? N’est ce pas une nécessité que de l’utiliser et de mettre en place une politique budgétaire plus proactive afin de se caler sur une trajectoire de croissance plus élevée? Voir ici

France – Croissance robuste mais peu enthousiasmante

La croissance du #PIB en #France est à 0.3% au T3 (0.255% pour être précis) comme à chacun des deux trimestres précédents( 0.28% en T1 et 0.35% en T2). L’acquis est de 1.2%. Si la croissance est à nouveau à 0.3% au dernier trimestre alors le PIB aura progressé de 1.3% en moyenne sur l’ensemble de l’année après 1.7% l’an dernier. Sur le graphe on constate une hausse rapide de l’activité depuis le début de la reprise en 2013 avec une tendance à 1.45%. On remarque aussi le caractère particulier de l’année 2017 durant laquelle l’expansion avait eu un caractère exceptionnel (2.4%). Depuis la dernier trimestre de 2017, la croissance moyenne annualisée n’est que de 1.25%. C’est ce chiffre qui est probablement le plus proche de la capacité de l’économie française.

La demande interne est au cœur de cette expansion alors que le commerce extérieur contribue négativement sur une hausse forte des importations alors que les exportations continuent de progresser. La hausse des importations vient après une chiffre négatif en T2. Il y a un effet rattrapage.
La hausse de la consommation est stable en moyenne depuis le début de l’année autour de 0.3%. C’est ce chiffre pour le T3 à comparer avec 0.4% au T1 et 0.2% au T2. L’investissement progresse de 0.9% après 0.5% en T1 et 1.2% en T2. Ces deux composantes sont au cœur de la croissance française. A noter la progression continue de l’investissement des entreprises en dépit d’un environnement international médiocre. Cela peut résulter de l’amélioration temporaire des marges (double effet CICE et baisse de charges en 2019) et d’une politique économique volontariste en 2020 pour supporter la demande interne. C’est très encourageant. Le ralentissement de l’investissement logement est préoccupant mais en phase avec ce que l’on constate sur le marché de l’immobilier des particuliers. Le marché est moins dynamique avec des mises en chantier qui reculent.

Cette dynamique interne reflète la politique économique qui supporte la demande interne pour limiter le risque sur la croissance. La hausse du pouvoir d’achat résultant des diverses primes et de la baisse de la taxe d’habitation mais la progression de l’emploi que l’on constatera encore au troisième trimestre (8 Novembre) sont autant de soutien à cette demande interne. Cela favorise l’investissement des entreprises.
La dynamique de l’économie n’est pas excessive, il n’y a pas de rupture de croissance à la hausse cependant le risque de rupture est réduit. C’est essentiel dans un contexte international risqué

Croissance française à 0.2% en T2

La #croissance en #France a été de 0.2% au T2 après 0.3%. L’acquis est de 1%. Avec une hypothèse de 0.2% en T3 et T4 la croissance serait de 1.15% et avec 0.3 % elle serait de 1.23%. Cela reste maigrelet autour de 1.2%. La demande interne restera le principal support.

Les mesures adoptées en décembre vont maintenir la dynamique interne. La bonne surprise est la robustesse de l’investissement des entreprises. C’est important pour l’autonomie de la croissance. La consommation a un peu déçu dans un contexte de prix de l’essence plus élevé.

La croissance autour de 1.2 – 1.3% est sur sa tendance. Ce sera une bonne performance dans un environnement international dégradé.

La croissance française n’arrive pas à accélérer au premier trimestre en dépit des mesures sur le pouvoir d’achat

La croissance du PIB français a légèrement décéléré au premier trimestre 2019 même si le chiffre arrondi est à 0.3% (non annualisé) comme aux deux trimestres précédents. En dépit des mesures de relance annoncées à la fin de l’année 2018, la croissance n’a pas été dopée par la hausse du pouvoir d’achat distribué.
Pour atteindre l’objectif de 1.4% sur l’année 2019 en moyenne, il faudrait une croissance de 0.43% à chacun des trois trimestres restants. C’est ambitieux.

La variation annuelle de l’activité est de 1.1% au premier trimestre, nettement en dessous de la tendance observée depuis la reprise de 2013 à 1.4%. Après l’accélération de 2017, résultant de l’environnement mondial très porteur, la croissance de l’économie française n’arrive pas à s’écarter du chiffre de sa croissance potentielle estimée généralement entre 1.2 et 1.3%.
Pour l’instant, les mesures mises en oeuvre par le gouvernement ne réussissent pas à aller au delà et cela est préoccupant dans un contexte où la vive hausse du prix de l’essence est une menace pour le pouvoir d’achat qui pénaliserait la demande des consommateurs.

Les contributions à la croissance trimestrielle du PIB sont faciles à retenir. La demande interne contribue à 0.3%, l’accumulation de stocks à 0.3% alors que le commerce extérieur freine la croissance avec une contribution de -0.3%.

Le point important est la légère accélération de la consommation des ménages dont la contribution passe de 0 en T4 2018 à 0.2% au premier trimestre. C’est à peine au-dessus de la moyenne observée depuis la reprise de 2013 (0.15%) alors que les mesures du gouvernement visaient explicitement la consommation.
Les dépenses gouvernementales progressent moins vite et c’est pareil pour l’investissement dont la contribution diminue marginalement notamment en raison de la contraction de l’investissement des ménages. Du côté des entreprises, l’investissement est un peu plus fort qu’au dernier trimestre 2018 et c’est une bonne nouvelle. Cela reste cependant très limité (cf le graphe en annexe). C’est insuffisant pour insuffler une dynamique solide au cycle de l’économie française.

La mauvaise surprise vient du commerce extérieur dont l’allure est moins robuste que ce que laissait penser les chiffres mensuels jusqu’en février. La contribution est franchement négative même si la contribution des importations est moins négative qu’en T4 2018. Ce sont les exportations qui stagnent et pénalisent la croissance. L’économie française est aussi pénalisée par le ralentissement du commerce mondial.

L’accumulation des stocks a tiré la croissance vers le haut. Son allure au 2ème trimestre dépendra de la dynamique de la demande. Si celle-ci se raffermit les stocks continueront de se garnir. En revanche, si la demande est moins vive, parce que le prix de l’essence augmente un peu trop vite, alors les entreprises pourraient réduire ces stocks ce qui pénaliserait le profil de l’activité.

PIB attendu en hausse au T1 en France

Le PIB français du premier trimestre 2019 va être publié mardi matin à 0730. Après un chiffre de 0.3% sur les trois derniers mois de 2018, l’anticipation générale table à nouveau sur 0.3%.
Mon sentiment est que 0.3% serait plutôt le bas d’une fourchette entre 0.3 et 0.5%.
Au cours des trois premiers mois de l’année, on a constaté une nette amélioration de la production industrielle (+1.2% acquis pour T1 à la fin février contre -0.4% sur le dernier trimestre de 2018). On constate également un redressement dans l’allure de l’enquête sur le climat des affaires. Au dernier trimestre 2018, cet indice reculait de 2.1 points par rapport au trimestre précédent alors qu’il s’est stabilisé sur les trois premiers mois de l’année.
On notera aussi que la consommation des ménages est légèrement positive alors qu’elle s’était contracté au dernier trimestre 2018. Enfin le commerce extérieur pourrait avoir un impact neutre, les exportations (en valeur) progressant un peu plus vite que les importations mais compte tenu du déficit la contribution sera proche de la neutralité.
La grande inconnue porte sur l’investissement des entreprises. Les commandes de biens d’équipement se contractent rapidement et laissent présager d’une dépense moindre en capital en dépit de la stabilisation des enquêtes menées auprès des entreprises.
Sur la vue de la production industrielle et des enquêtes, le PIB devrait s’accélérer légèrement en T1 à 0.4%. Si l’investissement des entreprises est moins dynamique alors on tendra vers 0.3%. Si tout se passe bien (les services progressent dans l’enquête de l’INSEE, si l’investissement est plus robuste qu’attendu et que la consommation s’accélère en mars) alors le chiffre de 0.5% pourrait être atteint.