Edito pertinent sur les évolutions de la guerre commerciale

Publiée en anglais sur le site de Bloomberg, cette contribution de Shawn Donnan suggère que la simple guerre commerciale a été dépassée dans la confrontation entre américains et chinois.

La guerre commerciale entre le président Donald Trump et la Chine est devenue une guerre économique plus vaste et plus étendue pour toujours. Il est difficile de regarder le futur proche et d’attendre des évolutions qui inverseraient cette nouvelle réalité. Un accord de «phase un» pourrait correspondre à ce que les responsables américains considèrent comme une première étape. Mais cet accord, s’il vient, sera davantage un cessez-le-feu partiel qu’un changement profond des règles du jeu actuel. Cela ne signifie pas non plus qu’une pacification des relations est proche. Il y a désormais trois elements majeurs qui deviennent incontournables:

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L’Europe, l’OMC et les tensions sino-américaines

Washington. Le 18 octobre, les sanctions de l’OMC contre l’Europe vont être mises en œuvre par les États-Unis. Elles concernent un conflit ancien entre Airbus et Boeing. Chacun des deux constructeurs a bénéficié de subventions publiques. Après les mesures prises à l’encontre de l’Europe, l’OMC devra se prononcer sur la situation de Boeing. Il est probable qu’il y aura des sanctions et la situation globale s’équilibrera. Les Européens avaient proposé une négociation qui aurait évité les effets collatéraux qui résulteront de la façon avec laquelle les Américains appliqueront les sanctions. L’amende aux Européens ne concernera qu’en partie Airbus. La taxation supplémentaire sur les avions européens ne sera que de 10 %, permettant ainsi de ne pas pénaliser les compagnies aériennes américaines. Les effets collatéraux vont concerner du vin français, du fromage, des outils allemands ou encore des vêtements britanniques. On peut s’interroger effectivement sur l’utilité de ces taxations au taux de 25 %. Le refus des Américains de transiger va produire le même type d’effets de la part des Européens sous forme de représailles lorsque la sanction sur Boeing sera connue.

Ce jeu pervers est finalement perdant pour tous. Il correspond à la croyance de Donald Trump que l’économie est un jeu à somme nulle. Ce qui est pris aux Européens en augmentant les prix, via la taxation, profitera aux travailleurs américains. Cela ne fonctionne pas comme cela. La hausse des taxes, en 2018, sur l’importation d’acier aux États-Unis, n’empêche pas la dégradation des entreprises américaines du secteur. 

Ces sanctions n’entrent pas dans la même logique que celles relatives aux tensions sino-américaines. Le jeu entre Airbus et Boeing concerne deux avionneurs qui disposent chacun de parts de marché considérables. C’est une problématique microéconomique. Les tensions sino-américaines sont avant tout politiques et l’économie et la technologie sont les médias utilisés pour affirmer la position de chacun des belligérants. 

Depuis très longtemps, les Américains sont attentifs aux évolutions en Chine, essayant de contraindre systématiquement l’Empire du Milieu. Dans la première décennie des années 2000, l’administration américaine faisait pression pour que la monnaie chinoise soit réévaluée. Cette technique qui avait bien fonctionné avec le Japon n’a pas eu la même efficacité auprès des autorités chinoises. Celles-ci ont considéré que la fragilité du Japon dans les années 1990 n’était qu’une conséquence de la docilité monétaire japonaise vis-à-vis de la Maison Blanche. C’est pour cela que Pékin a été réticente à accepter les pressions américaines. 

L’arrivée de Xi Jinping à la tête de l’Etat chinois a donné une dimension plus politique aux orientations chinoises. Mais celui-ci a aussi défini des objectifs plus ambitieux sur le plan économique et accru la volonté de la Chine de devenir leadersur de nombreux segments du secteur manufacturier. Cela a bien fonctionné. La Chine est devenue leader mondial, remettant en cause la situation privilégiée des américains. 

C’est ce rapport de force qui est au cœur des relations actuelles entre Américains et Chinois. C’est pour cela qu’un accord commercial apparaît peu probable entre les deux pays. 

Les sanctions sur l’Europe ne sont pas de cet ordre-là. Cependant, la Maison Blanche est prête à provoquer des dommages collatéraux pour montrer sa puissance. Cela a deux conséquences. La première est que les États-Unis sont prêts à jouer un jeu non coopératif avec l’Europe. Ces éléments viennent en complément de ce que l’on connaît des réticences de Washington à protéger militairement les Européens comme cela s’est fait depuis la Seconde Guerre mondiale. La seconde remarque est que les Européens ont tout intérêt à s’unir dans ce cadre global en donnant une dimension plus politique à la construction européenne. 

Les relations entre la Chine et les États-Unis vont évoluer dans la durée et on doit imaginer que des règles seront définies sur un certain nombre de sujets afin de ne pas bloquer les affaires. Dans cette situation, qui témoignera toujours d’un rapport de force, l’Europe ne devra pas être absente. Sa voix ne portera que si l’Europe est unie et capable d’équilibrer le rapport de force. C’est l’enjeu de la nouvelle Commission. 

Publié sur le site du Groupe d’Etudes Géopolitiques: LeGrandContinent.eu

Montée supplémentaire des tensions entre les USA et la Chine

Les représailles annoncées par Donald Trump aux représailles chinoise (hausse des taxes douanières sur 75 Mds de produits américains importés en Chine) sont d’abord des augmentations de tarifs douaniers sur les produits chinois importés aux US ( la taxe passe de 25 à 30% sur 250 mds au 1er octobre et les 300 mds supplémentaires qui devaient être taxés à 10% le 1er septembre le seront désormais à hauteur de 15%). Dès le premier septembre, 98.6% des produits chinois importés aux USA seront taxés à hauteur d’au moins 15%. C’est un choc négatif pour l’économie globale

Le report d’une partie de ces 300 mds au 15 décembre semble oublié Les produits grand public qui devaient être exemptés jusqu’au 15 décembre pour les cadeaux de Noël ne le sont plus. Les téléphones, ordinateurs et les produits électroniques grands publics seront payés au prix fort par les consommateurs américains. Les mesures prisent par la Maison Blanche vont affecter davantage et plus directement le consommateur.

L’autre partie des représailles est d’interdire aux entreprises US de travailler avec la Chine. Cependant, la Maison Blanche ne peut le faire formellement. La question est reportée sur les entreprises. Que feront elles ? Elles devront choisir entre intérêt économique et intérêt politique. Il y a ici une probable source de dissension entre le pouvoir politique et le pouvoir économique. De nombreuses entreprises US sont en relations denses avec la Chine soit pour la fabrication (téléphones) soit pour la technologie chinoise. Google indiquait récemment que la sécurité du système d’exploitation Android nécessitait de travailler avec Huawei.

Le risque me paraît plus important pour les entreprises US que pour la Chine dont le développement techno est rapide et au cœur des nouveaux développements industriels. Les chefs d’entreprise US vont ruer dans les brancards car les mesures de la Maison Blanche vont pénaliser leur business. Refaire aux US ce qui est fait en Chine serait très coûteux et très long. Compte tenu de la globalisation toujours à l’œuvre, les chaînes de valeur sont très importantes et passent par la Chine pour de nombreuses entreprises US. La mesure prise par Trump est de rompre ses chaînes de valeur au détriment de ses compatriotes.

L’économie, vue par la Maison Blanche, s’éloigne de l’idée de marchés libres et du libre choix des entrepreneurs. C’est l’antithèse de ce que représente l’Amérique dans l’inconscient collectif. Les Etats-Unis changent en profondeur.

Les chiffres à venir. Semaine du 19 au 25 août

> Les discussions sur la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis ont été le principal facteur de volatilité des marchés financiers la semaine dernière. Cela se poursuivra puisque la Chine est prête pour des représailles.
C’est ainsi que nous devons interpréter les récents changements apportés aux mesures de la Maison Blanche. D.Trump a reporté les nouveaux tarifs au 15 décembre. On disait que cela atténuait les cadeaux de Noël, mais c’était plus probablement les conséquences des discussions qui ont eu lieu entre les deux pays.
Après le 15 décembre, 96,8% des exportations chinoises vers les États-Unis seront soumises à des droits de douane spécifiques. C’est un changement terrible par rapport aux 5,3% observés en 2013. La situation entre les deux pays et l’annonce par la Chine de représailles sont une source de préoccupation qui explique les taux d’intérêt de plus en plus bas. Le risque est de plonger dans une récession mondiale.
Après le débat sur le commerce, le taux d’intérêt ont chuté et la question est d’anticiper le niveau, en territoire négatif, vers lequel ils pourront converger dans la zone euro.

> L’impact de cette guerre commerciale est déjà perceptible dans les chiffres d’exportation du Japon. En termes réels, les exportations ont déjà diminué de plus de 2% en glissement annuel. Le chiffre de juillet (19 août) confirmera probablement cette tendance impliquant de nouveaux risques pour la croissance japonaise.

> Les indices Markit du mois d’août seront publiés le 22 août sous forme d’estimations rapides pour le Japon, la Zone euro, l’Allemagne, la France et les États-Unis. Nous examinerons attentivement le secteur manufacturier où l’indice mondial (qui ne sera pas publié jeudi prochain) se trouve déjà dans la zone de contraction et où tous les indices des grands pays développés sont proches ou inférieurs au seuil des 50.

> Au Royaume-Uni, l’enquête CBI sur les nouvelles commandes pourrait confirmer le risque d’une profonde récession (20 août). La chute récente de cet indice est déjà impressionnante, les stocks accumulés pour le Brexit limitant la possibilité d’une demande supplémentaire.

> Le dernier point à examiner sera le marché immobilier américain. Le chiffre des ventes de maisons existantes sera publié le 21 août. Cette donnée est importante car elle provoque un effet de richesse pour les ménages américains. Les chiffres récents ne montrent aucune amélioration, même avec des taux hypothécaires plus bas. Les ventes de maisons neuves seront publiées le 23 août.

> 19 août Publication finale de l’inflation pour juillet dans la zone euro. 21 août, confiance des consommateurs allemands pour août et inflation pour le Japon le 23 août.

Le document complet en anglais est disponible ici
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Le Mexique a cédé face à Trump

Finalement il n’y aura pas d’escalade de taxes à la frontière entre les USA et le Mexique. Les mexicains ont accepté de faire le nécessaire pour limiter les flux de population entre les deux pays. En mai de cette année, 144 000 personnes avaient été repoussées pour passage illégal de la frontière ou par refus des américains. Ce chiffre est le plus élevé depuis 5 ans mais moindre que ce qui a pu être observé dans le passé. Le graphe en annexe est éclairant.

Au delà de ce chiffre, Trump réussit enfin à peser sur les flux migratoires puisque l’on sait que c’est une de ses obsessions. Il avait voulu un mur/frontière entre les deux pays qu’il n’avait cependant pas réussi à financer. Il avait ensuite demandé un effort au Mexique pour limiter le passage de produits illicites à la frontière. Il avait aussi évoqué la taxe à 25% sur les automobiles pour faire changer les comportements du Mexique. Cela n’avait pas été suffisant.
Le mécanisme de taxe de 5 % supplémentaire chaque mois (à partir du 10 juin jusqu’en octobre soit 25% de taxe à la fin) sur l’ensemble des importations américaines du Mexique a été la menace suffisante même si cette mesure avait peu de soutien chez les républicains et même à la Maison-Blanche (Mnuchin et Kushner y étaient opposés).

Trump et sa stratégie du bulldozer sortent grand vainqueur de l’opération. Le président américain réussit à infléchir les flux migratoires et à faire porter le coût de l’opération au Mexique. En effet, le Mexique servira d’antichambre pour les migrants voulant arriver aux USA. Cela veut dire qu’il faudra les prendre en charge au Mexique ou faire le nécessaire pour interdire les sud-américains de passer par le Mexique pour entrer aux USA. Le coût sera durablement élevé et porté par le Mexique.

Les comportements basés sur la menace du plus fort pose de nombreuses questions.

Des relations bilatérales peuvent-elles être viables si elles reposent sur la défiance et la menace.

On observe qu’une telle stratégie ne fonctionne pas avec la Chine dont le développement est moins dépendant des USA que le Mexique.

La question maintenant est de savoir comment les Etats-Unis vont se positionner vis à vis de l’Europe notamment dans le rôle pivot qu’aura l’Europe dans la redéfinition de l’équilibre politique global. Les derniers développements des relations entre les trois zones montrent des espaces de discussions très importants et l’absence d’une position commune entre les trois régions, ni même de positions bilatérales communes face au troisieme. Les USA ne réussissent ainsi pas à contraindre l’Europe vis à vis de la Chine. C’est un élément majeur pour l’Europe et sa capacite à influencer le monde. (voir ici)

Graphe en annexe

Tensions sino-américaines: une période passionnante

Les tweets de Donald Trump, le 5 mai dernier, ont accentué les tensions entre la Chine et les Etats-Unis relançant brutalement les discussions sur les conditions d’un accord commercial. Aux nouveaux tarifs douaniers américains répondent des représailles chinoises sur les importations américaines. Cela remet en cause la longue période de calme qui avait débuté après la réunion du G20 le 1er décembre dernier.(j’avais déjà écrit sur ce point voir ici le 21 février 2019)

La volonté de Trump d’imposer de nouvelles contraintes à la Chine traduit son souhait de rapatrier des emplois aux USA, notamment dans le secteur manufacturier, mais aussi de réduire la dépendance des USA vis à vis de la Chine.
En 2018, le solde extérieur vis à vis de la Chine était déficitaire de 419 milliards de dollars en raison d’importations américaines très fortes et des exportations qui peinent à trouver leur place en Chine. Le graphe illustre parfaitement la situation inconfortable des américains.
La situation s’est aussi compliquée récemment. En effet, la contrepartie de cet excédent chinois sur les US était un financement chinois de l’économie US via notamment l’achat d’obligations de l’Etat américain. Cela a longtemps fonctionné et c’était une façon de se tenir l’un l’autre. La logique était la suivante: des débouchés pour les produits chinois sur le marché américain avec un financement de l’économie américaine par les chinois pour compenser le manque d’épargne des américains. Le fonctionnement du couple sino-américain était celui de la complémentarité. Cet équilibre change de nature parce que depuis de nombreux mois, le poids de la Chine dans le financement de l’économie US diminue. En mars 2019, le poids des actifs financiers américains détenus par la Chine dans l’ensemble des financement externe des USA était revenu au niveau bas observé en juin 2006.
L’équilibre de la relation entre les deux pays change et les Etats-Unis n’ont plus la capacité de peser sur la Chine comme ils pouvaient le faire par le passé. La Chine se démarque et souhaite davantage d’autonomie.

La Maison Blanche s’impatiente ainsi face à l’absence d’empressement des chinois à répondre à ses demandes. En taxant les importations chinoises, Washington souhaite peser sur l’activité de l’Empire du Milieu au risque d’y créer des tensions sociales fortes et forcer ainsi la main des autorités chinoises qui ne souhaitent pas prendre ce risque social. L’allure médiocre des indicateurs d’activité chinois depuis le début de l’année pourrait valider l’analyse de Washington et l’inciter à durcir encore le ton sur le plan commercial. Cette tactique n’est, cependant, pas forcément pertinente.

Au début de l’année 2019, le poids des Etats-Unis dans les exportations chinoises a nettement ralenti La dépendance chinoise aux US s’inverse alors que dans le même temps, les chinois relancent la « Belt and Road Initiative » (Nouvelles Routes de la Soie) dont l’objectif est de diversifier encore davantage les débouchés chinois. La Chine élargit ses débouchés et limite de fait l’influence des Etats-Unis sur sa conjoncture.

L’autre point de désaccord majeur entre Washington et Pékin porte sur la technologie. Il me semble que c’est le point majeur du différend entre les deux pays. Les chinois ont effectué un rattrapage technologique très rapide depuis une vingtaine d’années. Cela s’est traduit à la fois par des transferts de technologies mais aussi par des moyens considérables mis en oeuvre pour le faciliter. Cela a bien fonctionné et les chinois disposent désormais d’une avance sur les américains notamment dans la 5G et l’Intelligence Artificielle.
Cette remise en cause de la suprématie technologique américaine est un changement radical car les chinois ont les moyens de développer ces technologies sans l’appui des américains. Une telle situation aurait pu se présenter avec le Japon il y a quelques années mais les japonais sont toujours restés dans le giron des américains. Ce n’est pas le cas des chinois. Ils disposent d’un marché intérieur très vaste et des développements en dehors de la Chine qui sont très importants. Cela peut, dès lors, créer les conditions d’une dynamique technologique autonome.

La crispation de Washington a été très perceptible ces derniers mois sur le sujet. Les sanctions contre ZTE, en avril 2018, puis surtout contre Huawei, dès décembre de l’an dernier, ont montré cette sensibilité. Des pressions ont été faites sur des gouvernements européens pour qu’ils n’adoptent pas la technologie chinoise (voir par exemple ici ). De façon plus récente, Huawei a été blacklisté par Donald Trump (voir ici) et d’autres compagnies chinoises n’ont plus accès au marché américain comme China Mobile (voir ici).

L’enjeu est simple. Celui qui déterminera les normes sur ces nouvelles technologies aura un avantage comparatif considérable. Il pourra développer plus facilement les innovations utilisant ces technologies. C’est sur ce point que les négociations bloquent. Les chinois ont mis d’importants moyens pour disposer de cet avantage technologique et ils ne vont pas spontanément se mettre sous la coupe des américains. De la même façon, on ne peut imaginer que les américains acceptent spontanément l’avance des chinois et qu’ils fassent allégeance pour pouvoir utiliser les technologies de l’Empire du Milieu.

Ce bras de fer technologique ne se résoudra pas spontanément, aucun des deux pays ne fera allégeance, et donc la possibilité d’un accord entre les deux pays parait peu probable sauf à ce que la conjoncture chinoise se dégrade très rapidement mais ce n’est pas notre scénario.
Pourtant l’histoire ne s’arrête pas là. Le développement de la 5G, par exemple, est au cœur de nombreuses innovations et les pays autres que la Chine et les USA créent des activités faisant appel à cette technologie. Cela veut dire que le passage à grande échelle de ces innovations se fera via la probable utilisation de la technologie chinoise. Cela provoquera alors des tensions supplémentaires avec les américains. Emmanuel Macron a déjà pris position sur ce point (voir sa déclaration ici au Salon Vivatech)

La dynamique de l’économie mondiale change et l’équilibre nouveau ne sera pas trouvé rapidement. C’est la première fois dans l’histoire moderne qu’une telle situation s’observe. C’est la première fois que l’économie monde est susceptible de basculer vers une région nouvelle sur des critères liés aux innovations technologiques. Lorsque le cœur de l’économie monde est passé du Royaume Uni aux Etats-Unis, il y avait une continuité que l’on ne trouve pas dans la situation actuelle. L’Europe devra alors se positionner.
Cette transformation va bouleverser la dynamique de l’économie mondiale et forcément redistribuer les cartes entre les régions du monde.
Quand on vous dit que l’on vit une période passionnante.

La Fed va prolonger son biais haussier en 2019 – Ma chronique du lundi

Le post est disponible en format pdf La Fed maintient son biais – Ma chronique du Lundi

La Federal Reserve se réunit les 25 et 26 septembre. Une hausse de 25 bp est attendue sur le taux des fed funds portant ainsi le taux effectif dans une fourchette allant de 2 à 2.25%. Une autre hausse est attendue en décembre. Ces 4 resserrements sur 2018 semblent faire consensus désormais à la Fed. La question porte sur 2019 désormais. Lors de la dernière mise à jour, en juin, des perspectives économiques et financières par les membres du comité de politique monétaire (FOMC), 3 hausses de taux d’intérêt étaient prévues pour 2019. Comment se faire une idée plus précise ?
Les quatre hausses de taux d’intérêt sont validées désormais par la Fed. J’avais évoqué cette hypothèse en début d’année en raison de la mise en place de la politique budgétaire expansionniste de la Maison Blanche. Je n’ai pas changé d’avis et la hausse des taux de la Fed n’est qu’une façon de modérer les déséquilibres provoqués par cette politique qui vise à doper la demande interne.

Cette dynamique interne traduit l’impact de deux composantes. La première est l’effet direct des baisses d’impôts et de la hausse des dépenses publiques. On perçoit bien l’effet positif pour la demande dans une telle configuration. L’autre composante est la politique commerciale qui vise à substituer la production interne aux importations. La demande adressée aux entreprises s’accroît ainsi très fortement. Lire la suite