Christine Lagarde à la BCE – Interview dans le Figaro

«Après Mario Draghi, les défis de Christine Lagarde à la BCE seront plus politiques que monétaires»

LE FIGARO.- Christine Lagarde a répété ce mercredi que les pays présentant un excédent budgétaire, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas, devaient davantage investir pour soutenir la croissance. Quelle politique cette déclaration laisse-t-elle augurer? Assiste-t-on à un changement de style par rapport à Mario Draghi?

Philippe WAECHTER.- Christine Lagarde apparaît comme étant Draghi-compatible. Ses premières déclarations suggèrent que ses vues sont cohérentes avec l’idée d’une politique monétaire durablement accommodante. Elle enfonce le clou également en ce qui concerne l’importance de la politique budgétaire dans l’équilibre des politiques économiques en zone euro. La politique économique est unijambiste en n’utilisant que la politique monétaire, il faut une politique budgétaire qui vienne en complément de celle-ci afin de mettre en place les conditions d’une croissance durablement plus élevée.Le credo de Mario Draghi était le suivant: la BCE solvabilise les dettes publiques en maintenant des taux d’intérêt très bas dans la durée. Aux gouvernements de profiter de ces conditions pour mettre en œuvre des politiques structurelles afin de caler la croissance sur une trajectoire plus forte. Christine Lagarde est dans la lignée de ces propos. Le point désormais est de connaître davantage le style et la communication de la nouvelle présidente de la BCE. Sur ce point il pourrait y avoir des différences avec Draghi car les deux n’ont pas du tout la même personnalité.
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La Fed baisse encore son taux de référence mais s’arrête là

La Fed baisse son taux de référence à 1.5-1.75%. Elle indique vouloir faire une pause. Les trois baisses de cette année sont cohérentes avec le graphe des dots de septembre. Désormais le taux réel de la fed est négatif alors que le taux de chômage est à 3.5%. Toujours très étrange comme configuration.

On attend la conférence de presse pour savoir ce que Powell dira sur le marché monétaire qui ne se stabilise pas. Là il y a un vrai sujet d’inquiétude.

Sur ce dernier point, la conférence de presse n’apporte rien. C’est: circulez il n’y a rien à voir. Cela ne me rassure pas

France – Croissance robuste mais peu enthousiasmante

La croissance du #PIB en #France est à 0.3% au T3 (0.255% pour être précis) comme à chacun des deux trimestres précédents( 0.28% en T1 et 0.35% en T2). L’acquis est de 1.2%. Si la croissance est à nouveau à 0.3% au dernier trimestre alors le PIB aura progressé de 1.3% en moyenne sur l’ensemble de l’année après 1.7% l’an dernier. Sur le graphe on constate une hausse rapide de l’activité depuis le début de la reprise en 2013 avec une tendance à 1.45%. On remarque aussi le caractère particulier de l’année 2017 durant laquelle l’expansion avait eu un caractère exceptionnel (2.4%). Depuis la dernier trimestre de 2017, la croissance moyenne annualisée n’est que de 1.25%. C’est ce chiffre qui est probablement le plus proche de la capacité de l’économie française.

La demande interne est au cœur de cette expansion alors que le commerce extérieur contribue négativement sur une hausse forte des importations alors que les exportations continuent de progresser. La hausse des importations vient après une chiffre négatif en T2. Il y a un effet rattrapage.
La hausse de la consommation est stable en moyenne depuis le début de l’année autour de 0.3%. C’est ce chiffre pour le T3 à comparer avec 0.4% au T1 et 0.2% au T2. L’investissement progresse de 0.9% après 0.5% en T1 et 1.2% en T2. Ces deux composantes sont au cœur de la croissance française. A noter la progression continue de l’investissement des entreprises en dépit d’un environnement international médiocre. Cela peut résulter de l’amélioration temporaire des marges (double effet CICE et baisse de charges en 2019) et d’une politique économique volontariste en 2020 pour supporter la demande interne. C’est très encourageant. Le ralentissement de l’investissement logement est préoccupant mais en phase avec ce que l’on constate sur le marché de l’immobilier des particuliers. Le marché est moins dynamique avec des mises en chantier qui reculent.

Cette dynamique interne reflète la politique économique qui supporte la demande interne pour limiter le risque sur la croissance. La hausse du pouvoir d’achat résultant des diverses primes et de la baisse de la taxe d’habitation mais la progression de l’emploi que l’on constatera encore au troisième trimestre (8 Novembre) sont autant de soutien à cette demande interne. Cela favorise l’investissement des entreprises.
La dynamique de l’économie n’est pas excessive, il n’y a pas de rupture de croissance à la hausse cependant le risque de rupture est réduit. C’est essentiel dans un contexte international risqué

La politique monétaire et la dynamique macroéconomique de court terme

L’indice CFNAI (Fed Chicago) indique en septembre que la décision de la Fed d’assouplir sa politique monétaire n’est pas liée à un risque de récession. Un indice proche de -0.7 traduit généralement un risque de récession & une intervention de la Fed. Il est à -0.24 en septembre.
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